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Interviews

Dimanche 30 janvier 2005

    Benabar, le déclencheur d'émotions

BRUXELLES Ce jour-là, il fumait des extra-lights. Et encore, avec modération. A l'instant du petit trentenaire qu'il chante fort justement, Benabar essaie d'arrêter la clope. Tout en se fâchant un peu contre le politiquement correct qui veut qu'on fasse du sport et qu'on mange sainement. «Y'a rien à faire, ça me dérange», sourit-il. Ce jour-là, il venait de mettre la dernière main à son clip (lire ci-dessous) et s'apprêtait à rentrer à Paris. Autour d'un café, dans un bistrot bruxellois, il a pourtant pris le temps de parler un peu de lui, de ses doutes et de sa petite entreprise. Rencontre.



On vous décrit comme quelqu'un d'anxieux et d'angoissé. Sur scène, ça ne se voit pas du tout!

«Je le suis, c'est vrai. C'est peut-être pour ça que certains d'entre nous aiment faire de la scène. Parce que ça permet de montrer d'autres choses de soi. C'est quelque chose d'assez mystérieux, la scène, pour ça. Déjà, c'est assez calibré et tu sais ce que tu dois y faire. Et en même temps, tu n'es pas vraiment dans la vie de tous les jours. Si tu as mal au crâne, dès que tu entres en scène, il disparaît. C'est pareil pour les angoisses existentielles.»


Elle vient d'où, alors, cette anxiété?

«Je crois que déjà enfant, j'étais anxieux. Question de caractère. Mais ce n'est pas quelque chose qui me gène plus que ça. C'est aussi une façon de voir la vie sans naïveté, sans angélisme.»


Vous travaillez avec les mêmes musiciens depuis longtemps. C'est un peu comme une petite entreprise?

«C'est un peu le cas, oui. Même si j'espère ne pas avoir une attitude de patron. Enfin, je l'ai fatalement un peu puisque c'est moi qui embauche les musiciens et que c'est moi qui les vire, au cas où. C'est une partie du boulot qui est un peu troublante, au début.»


Passer d'une toute petite entreprise à une belle PME, vous le gérez facilement?

«Ça va, je crois. Pour l'instant, en tout cas, et je touche du bois. Mais je fais très attention à ce que ça ne devienne pas une grosse entreprise. Les salles sont plus grandes, mais je ne change pas. Ce n'est pas parce que je fais un zénith que je vais partir avec une maquilleuse! Je fais attention à rester dans l'artisanat.»


Vous dites Je n'ai pas envie de quitter le monde des vivants pour entrer dans le monde des chanteurs. C'est joli!

«Merci. Mais il y a un vrai danger à se prendre pour un chanteur dès qu'on commence à avoir sa tête dans le journal. Tu peux facilement rentrer dans un truc à la con, un monde parallèle.»


Pour parler aussi bien des filles, vous avez dû être élevé au milieu de dix soeurs?

«Non, pas du tout. Mais c'est quelque chose que j'étudie de très près depuis quelques années! Et puis, c'est un biais intéressant parce que ça permet de traiter de plein de choses: l'amour, le désir, la paternité. C'est sûrement pour ça qu'il y a autant de chansons qui parlent de ça.»


C'est quoi le plus difficile dans l'écriture d'une chanson?

«C'est surtout d'essayer de déclencher des émotions. C'est ça le grand truc: un sourire, un peu de tristesse, de la nostalgie. Quand ça arrive, c'est très gratifiant.»


Vous terminez vos concerts par Dis, quand reviendras-tu? de Barbara. Pourquoi?

«Parce qu'elle est magnifique. J'essaie de faire une reprise de temps en temps. Ça nous change de mes chansons parce que tout le monde en a marre.»


Vous n'avez jamais l'impression de tourner en roue libre sur scène?

«Si, bien sûr. C'est un écueil difficile à éviter. Il y a de l'improvisation sur scène et j'essaie de changer mes vannes tous les deux mois, même si elles sont bonnes. Sinon, je deviens fou. Mais c'est un gros travail, en tournée.»


Propos recueillis par Isabelle Monnart.

Par Tiphaine Hervé
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Jeudi 3 février 2005

Cette interview est extraite du MCMag du mois de novembre 2004.


 

  • Toujours en tournée, ce soir au Zénith... Tu fais énormément de scène!
    "C'est très généreux la scène. Tu vois, si je suis malheureux ou si j'ai quelque chose à raconter dans une chanson, je peux le dire aux gens. Enfin, des fois c'est un peu douloureux quand t'es pas content de toi, mais en général... Et puis, ça me plaît beaucoup cette magie de cirque, un peu. Tu pars dans ton bus, tu te réveilles dans une autre ville le lendemain. J'y trouve beaucoup de plaisir."

  • Tu voulais faire comme Prince et interdire certains concerts aux hommes...
    "Ah, j'adorerais faire ça! Tu sais qu'il l'avait vraiment fait à Monaco? J'avais trouvé ça tellement macho, rigolo, arrogant... Ca m'avait vraiment fait marrer. Mais mon producteur, il veut pas..."

  • Tu envisages toujours de laisser tomber le studio?
    "Le studio, je commence à y prendre goût : tu peux travailler des choses musicales, essayer d'évoluer, te poser d'autres problèmes; c'est moins rapide et ça a moins besoin d'efficacité que la scène. Mais si je devais choisir entre la scène et le studio, je pense que je garderais la scène."

  • Ecrire, c'est ton boulot ou un loisir?
    "Ecrire des chansons ça me fait plaisir, mais c'est vrai qu'au-delà du plaisir, c'est un peu mon occupation. C'est ce que je fais dans la vie, en fait. Et c'est rassurant aussi de se dire ça, ça évite un peu de se prendre la tête en disant, tu vois, «l'artiste maudit», etc. Moi, le fait de dire que je suis chanteur, ça m'amuse!"

  • Il y a quelques années, tu avais indiqué dans un CV bidon "cherche poste bien rémunéré dans la musique". C'est aujourd'hui chose faite?
    "Disons que je suis actuellement en CDD..." (sourire)


  • Tu dis souvent que tu aimerais faire des chansons que l'on siffle sous la douche, que l'on chante aux enfants, pourtant certaines de tes chansons sont vraiment tristes...
    "Faudrait pas faire que ça, mais que la chanson ait une vraie fonction, c'est très excitant, je trouve, comme idée. Même si, en effet, il faut aussi des chansons compliquées... J'aimerais bien que mes chansons entrent vraiment dans la vie des gens."

  • Penses-tu y être arrivé?
    "J'ai pas trop d'avis sur ce que deviennent mes chansons. Après, les gens les prennent un peu comme ils veulent et c'est très bien comme ça, d'ailleurs. Ils ont le droit de les détester, de les apprécier ou pas; moi j'essaie de me dégager d'une chanson une fois qu'elle est faite."

  • Tu as aussi quelques chansons indéfendables...
    "Oui, j'ai un p'tit bonhomme qui s'appelle Hulk et qui chante sur scène avec une voix fluette. Il cherche une Barbie nympho... enfin bon, c'est vraiment une chanson d'un mauvais goût total mais je trouve que ça fait du bien de garder une certaine liberté!"

  • Tu disais avoir du mal à te situer par rapport à la chanson engagée...

    "C'est bien de faire des chansons engagées si tu fais vraiment de très belles chansons engagées... moi je n'y arrive pas. En les relisant, je trouve que je rentre dans les clichés, dans des facilités, mais j'y travaille encore. Il faut que ça serve à quelque chose une chanson engagée.

    J'avais fait une chanson il y a six-sept ans qui s'appelait Sept ans de malheur, à l'époque de la première élection de Chirac, qui était très... frontale. Y'a aussi une période où toi, tu es peut-être un peu plus jeune donc c'est plus simple, tu es plus radical. C'est vrai que maintenant, si je continue à détester autant Chirac, je le dirais de façon moins radicale.

    Je ne sais pas comment faire pour que ça ne tombe justement pas dans la démagogie, qui peut, à terme, même galvauder les idées... puis avoir l'effet inverse. Il y a une dimension de responsabilité quand tu parles à des gens."
  •  

  • En remarquant la prédominance de la gent féminine dans Les Risques du Métier, tu craignais d'avoir fait "un album de chanteur de charme alternatif"...
    (sourire) "C'est vrai, mais en fait ça me plaît bien ; tant que c'est alternatif, ça va. C'est un peu décalé. Mais c'est vrai qu'en réécoutant le dernier album, je m'étais aperçu qu'il avait une tonalité plus triste, plein de chansons qui parlaient des filles... j'étais moi-même surpris de constater ça."

  • Un secret pour aussi bien cerner la psychologie féminine?
    "Les différences entre les filles et les garçons sont pas si grandes que ça et... moins larges qu'on le prétend..."

  • On dit que tu n'es pas aussi méchant envers les filles que tu le prétends...
    "C'est quand même plus rigolo de dire d'énormes horreurs sur les filles que de dire Femmmmmes, je vous aaaaime!"

  • Tu a déclaré: "c'est un sujet inépuisable, ces salopes de gonzesses"...
    "J'ai dit ça, moi?!(rires) Non mais ça me ressemble. C'est terrible... mais c'est vrai! C'est pour ça à mon avis qu'il y a autant de chansons d'amour. Tu peux traiter plein de trucs et c'est vrai que tu peux faire passer plein de choses. En même temps, c'est un moyen d'entrer tout de suite dans l'émotion mais qui n'est pas un truc grave, donc tu peux en rigoler... C'est inépuisable. Et puis comme je m'intéresse beaucoup aux rapports amoureux -entre autre parce que c'est l'essentiel de mon existence- et comme je suis hétérosexuel je m'intéresse beaucoup aux filles... C'est assez mécanique tout ça..." (sourire)

  • Tu es papa depuis le mois de juin. Tu penses pouvoir éviter des clichés sur la paternité?
    "Oui, c'est un peu le danger. C'est formidable, la Magie de la naissance, ça change un homme... J'essaie de surveiller... d'écrire une chanson sur la paternité mais un peu décalée. J'essaierai."

  • Il paraît que tu n'as vraiment aucun goût vestimentaire...
    "Oui, je sais! Pour te dire, une fois je me baladais dans le 20e et un mec m'a accosté en me disant: Hé Bénabar? C'est super! Tu vis dans le coin? C'est super! Et tu te balades, comme ça, simplement, pour faire tes courses? C'est super! Et puis t'es trop mal fringué! C'est super!"

  • T'arrive-t-il d'écouter tes disques?
    (surpris) "Jamais! Et je ne dis pas ça pour faire bien! Vraiment jamais..."

  • Un livre?
    "Eureka Street de Robert Wilson McLiam, peut-être."

  • Un film?
    "Vincent, François, Paul et les autres de Sautet."

  • Un truc qui t'agace?
    "Dans les boulangeries, quand tu vas t'acheter une baguette le soir, il n'y a plus de baguettes normales, y'a que des sortes de pains spéciaux comme le pain au levain, aux noix, au son... Je suis obligé d'acheter ça alors que je ne vais même pas le manger ! D'ailleurs je suis content que tu m'aies posé cette question pour avoir pu souligner ce problème parisien de la baguette. Ca m'agace!"
     
  •  
  • Propos recueillis par Mathilde Menusier
  • Par Tiphaine Hervé
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    Dimanche 28 octobre 2007

      

    voici un article choc (donné par une lectrice) sur Bénabar, une belle provocation.... y'a des arguments, mais cela ne m'a pas convaincue!!

    la narratrice parle d'un égo indémesuré, d'un calcul de son image...etc

      

    http://www.canardvexe.com/articles/140_benaba2.php?page=2

     

    Par Tiphaine
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    "il est tellement pur, un concentré d'homme idéal, en le diluant dans l'eau on pourrait faire 10 hommes normaux..."

    Bienvenue à tous sur mon bénarblog!

    J'suis un foie, deux reins, trois fois rien mais une minuscule terrienne" .... une bénabarge de plus...

    Voici donc mon blog sur le sublimissime Bénabar, que je vais tenter de vous présenter du mieux que je peux... Alors bonne visite!  

     

    Bisous à tous - Tiphaine

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